Abou Dhabi: signature d’une déclaration historique

Le Pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayeb formulent une forte condamnation du terrorisme et de la violence : «Dieu ne veut pas que son nom soit utilisé pour terroriser les gens», précisent-ils dans ce texte qui se penche notamment sur la paix, la liberté religieuse et les droits des femmes.

Le Document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune signé   à Abou Dhabi par le Pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb, constitue non seulement une étape importante dans les relations entre le christianisme et l’islam, mais c’est aussi un message qui a un fort impact sur la scène internationale. En préface, après avoir affirmé que «la foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et aimer», le texte est présenté comme «un document raisonné avec sincérité et sérieux », qui invite « toutes les personnes qui portent dans leur cœur la foi en Dieu et la foi en la fraternité humaine, à s’unir et travailler ensemble».

Ils déclarent en outre «fermement que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas de sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni d’appels à la violence ou à l’effusion de sang. Ces désastres sont le résultat d’une déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions et même de l’interprétation de groupes d’hommes de religion». C’est pourquoi «nous demandons à tous de cesser d’exploiter les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme aveugle et de cesser d’utiliser le nom de Dieu pour justifier l’homicide, l’exil, le terrorisme et l’oppression». Le Pape et le Grand Imam se souviennent que «Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que son nom soit utilisé pour terroriser les gens».

La Déclaration atteste que «la liberté est un droit de chaque personne : chacun jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, du sexe, de la race et de la langue sont une sage volonté divine». C’est de la «Sagesse Divine» que «dérivent le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différent. Pour cette raison, le document condamne le fait de forcer les personnes à adhérer à une religion ou à une culture donnée, ainsi qu’à imposer un style de civilisation que d’autres n’acceptent pas».

La déclaration atteste ensuite que «la protection des lieux de culte – temples, églises et mosquées – est un devoir garanti par les religions, par les valeurs humaines, les lois et les conventions internationales. Toute tentative d’attaquer des lieux de culte ou de les menacer par des attentats, explosions ou démolitions, constitue une déviation des enseignements des religions ainsi qu’une violation manifeste du droit international».

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